A la Une N°129 : C'est râpé quand L'ETAT DÉRAPE



La Cour des comptes pointe le dérapage des dépenses de l’État


Rabaissée de 0,1% (ramené à 2,6 % du PIB contre 2,7 %), le déficit budgétaire de l’Etat atteint finalement 67,7 milliards d’euros en 2017. Néanmoins même avec la forte hausse des recettes soit plus de 5,5 milliards d’euros par rapport à la loi de finances, une réduction plus importante n’a pas été permise en raison d’une augmentation importante dans le même temps des dépenses.


Le constat est là, le risque de dérapage des dépenses que la Cour des comptes pointait l'année passée en raison de prévisions sous-évaluées, s’est matérialisé. La hausse de la dépense atteint 10,6 milliards d’euros par rapport à 2016 (+ 4,8 %) sur les seuls budgets des ministères. Par ailleurs, les dépenses de personnel ont augmenté de 3,9 % en 2017, soit plus qu’au cours des six dernières années cumulées. Selon la Cour des comptes, le déficit budgétaire demeure encore trop élevé de l'ordre de 22 milliards d’euros pour stopper la détérioration de la situation financière de l’État. Autre chose incroyable, un « loupé » de la direction générales des finances publiques n’a pas permis de comptabiliser 1,5 milliard d’euros de recettes au titre des droits de mutation.


D'importants impairs figurent vis à vis des grands principes budgétaires

En ce sens, il est important d'analyser autant l’exécution même du budget que la loi de finances initiale et c'est ici que le bas blesse car le budget finalement exécuté diffère très significativement du budget voté. Différents crédits ont littéralement explosé comme ceux relatifs à la mission « immigration, asile et intégration » (+ 29 %), quand d’autres ont vu leurs crédits baisser : « Aide publique au développement » (- 4,5 %) et « Justice » (- 4,1 %), « Sécurité » (- 4,7 %).


Par ailleurs, la Cour des comptes déplore le contournement des grands principes budgétaires : l’utilisation des fonds sans personnalité juridique tels que les fonds de garantie gérés par BPI France ; la mise en réserve de crédits du budget général de l’État a été détournée de son objectif initial de couverture des aléas de gestion, essentiellement pour pallier les sous-budgétisations.


La légère réduction du déficit public pour 2017 aurait donc dû rassurer la Cour des comptes. C’est pourtant l’inverse et elle l'a fait savoir dans son rapport sur le budget de l’État consultable sur le lien qui suit ICI.